Conférence L'Europe puissance : mythe ou réalité ?

Publié le par Boyer Serge

11 octobre 16H – DEBAT avec Pascal BONIFACE (IRIS), Nicolas DUNGAN (fondation french american), Jean-Dominique GUILIANI (fondation Robert Schuman), Bernard GUETTA (journaliste), Jean-Noël JEANENEY (journaliste, historien), Alberto TOSCANO (club de presse européen) et Hubert VEDRINE (ancien min aff étr fr)

 L’Europe puissance : mythe ou réalité ?                                                           

Très intéressant avec des points de Védrine et Fischer ****.

PB : OTAN crise financière, quelle possibilité pour l’Europe ?

AT : pourquoi mettre un point d’interrogation ? L’Europe est une puissance. Déc 91, conf de presse de Mitterrand à Maastricht sur monnaie commune et politique extérieur européenne ; aujourd’hui, nous sommes à mi-chemin ; nous n’avons pas su expliquer. La force n’est pas utilisée.

JDG : Remettons l’UE en perspective. Deux Q : 1 constat de la puissance 22% richesse mondiale (EU 20%), par rapport à 1945, c’est inattendu    2  aussi puissance culturelle et un modèle (conditions de vie). Mais modèle actuel de puissance est celui de l’état-nation qui n’a pas disparu avec la mondialisation. Donc nous avons du mal à aller au-delà. Les intérêts à long terme amènent les hommes politiques, même anti-européens, à devenir pro-européen. Cela nécessite de casser les réflexes nationaux de tous. La Défense européenne doit être mise en route (12 opérations extérieures) ; pour la première fois, arrêt d’une guerre en Géorgie. L’Europe est au seuil d’une Europe politique et elle deviendra une puissance.

BG : en juillet, tout le monde parlait d’impossibilité d’une politique européenne extérieure. Or, en août, les 27 ont définis une ligne commune avec nos relations avec la Russie. Respect des engagements russes rapides. Futur sommet sur la sécurité européenne. La direction est prise. D’autre part, la crise financière a permis de voir des gouvernements pour définir une parade économique. Nouvelle étape, demain avec réunion de l’Euroland. Donc pas spectaculaires et encourageants dans le processus d’affirmation d’une Europe puissance. Reste le problème institutionnel : les modes de fonctionnement montrent une manière de contourner les institutions de manière réaliste. Cela illustre l’idée des cercles non concentriques mais ad-hoc. Rien n’est joué, mais cela fonctionne. Nous revenons à la problématique des grandes puissances et ces zones d’influence.

JNN : replaçons cela sur la longue durée : De Gaulle expliquait que pour peser il fallait police, une justice et une armée qui la soutienne et une diplomatie qui l’exprime. Débat : institutions avant les politiques pour Monnet ou bien l’inverse pour De Gaulle. Q des frontières à trancher. A long terme, il y a eu 3 puissances d’organisation de l’Europe : 1  pour Dante impérial (domination d’un centre)  2 Metternich « concert de nations », mais PGM et SGM et  3 OPNI objet politique non identifié à construire. L’histoire alterne période latence et crise. De celle-ci devrait sortir une politique extérieure. Mais danger d’une crise économique, puis sociale et enfin politique.

HV : confusion entre agrégat statistique et puissance ; mythe de la puissance fort en France ; débat sur la puissance moins présent ailleurs. Mauvais départ en raison des opinions publiques car les Européens haïssent depuis la SGM la puissance. « Les Européens veulent une grande Suisse ». S’ajoutent les divisions entre Européens. Les orientations des élites sont mauvaises : les élites veulent une intégration politique alors que les opinions publiques ne le souhaitent pas. Pas de relance institutionnelle avant 10 an ou plus. Je suis aussi sceptique sur un « soft power » sans « hard power ». La question géorgienne a été bien géré, mais qui a réussi ? Dans 30 ans, nous ferons encore ce débat sur l’Europe puissance. Il faut faire réagir les opinions publiques et leur explique notre conception des relations internationales. Les Occidentaux sont en train de perdre la puissance mondiale avec les pays émergents. Nous n’avons plus de prise sur certaines crises. Il faut de manière réaliste se servir des événements pour établir une stratégie commune face aux Russes, aux Etats-Unis… Quelle politique de régulation voulons-nous pour résoudre la crise ? Nous avons 6 mois pour s’organiser pour cela (le temps de la mise en place de l’administration américaine). Il faut fabriquer de l’intérêt européen. Ce RDV est important car nous sommes au début d’un cycle long. Sur la Géorgie, il faut que la tactique française soi suivie par la même voie de la Tchéquie.

JPJ : oui, l’Europe puissance est un mythe ; certaines opinions publiques le pensent (Scandinavie par exemple) ; par contre, réaction populaire dans certains pays. Le poids européen commercial, financier, monétaire (pas de désordre monétaire, pas d’inflation) ; dans les rapports économiques et monétaires, la BCE, instance la plus fédérale, apparait renforcée. Le gouverneur est toujours présent aux réunions de travail. Il y a 10 ans les positions de la BCE n’étaient pas écoutées. L’Europe devient une force d’attraction : toujours beaucoup de pays candidats ; la crise géorgienne a été résolue à 27 ! En terme de cohésion, les progrès sont réels. On va arriver à une coordination européenne financière, marquée par une décision politique commune. L’Europe peut s’affirmer par une politique environnementale exemplaire. La question est de savoir si ces progrès sont circonstanciels ou structurels ? Dernier point : doute pour savoir si la cohésion n’est pas remise en cause à l’égard des puissances émergentes. Les progrès l’empotent entre l’Irak et la Géorgie. La politique européenne de défense pose la question de notre rapport avec l’OTAN

 Question d’une personne : pourquoi craindre la présidence tchèque.

JPJ : pb de la continuité et pb du type de pays ; par ex, présidence difficile pour un non membre de l’Euroland.

Question d’HV : quelle nouveauté réunion de demain.

JPJ : propositions de régulation (sans présence de la GB ; rapport de force avec la GB)

JNJ : question de l’OTAN ? en allant vers l’OTAN va-t-on avoir + de poids ?

JPJ : les Européens veulent une stratégie européenne de sécurité différente sur la Russie par rapport aux EU, d’autre part, il faut élaborer les choses de manière coordonnée avec les EU.

 

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Publié dans Histoire

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