TES : chapitre H6 : LES DEMOCRATIES POPULAIRES
Les démocraties populaires (1948-1989) (livre chapitre 8)
Introduction : pays concernés et définition
- Pays concernés et définition :
- Carte p. 238-239 : Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, RDA. Cas particuliers de la Yougoslavie et de l’Albanie.
- Etats d’Europe de l’Est constitués après 1945, sous le contrôle de l’URSS, et où les communistes locaux imposent le modèle soviétique. A comparer avec la définition de Jdanov : déf. p. 240.
- Comment sont créées les démocraties populaires ? Quelles sont leurs caractéristiques, en particulier les similitudes avec l’URSS et son influence ? Comment comprendre leurs difficultés et leur disparition ?
1. L’arrivée au pouvoir des communistes
- Contexte de la présence de l’Armée rouge et de la résistance, y compris communiste, dans les pays occupés par les nazis.
- Entre 1945 et 1948 essentiellement : conquête du pouvoir par étapes progressives dans les fronts nationaux, légalement, illégalement pour certaines élections et par la force ou l’intimidation.
- Le « coup de Prague » : récit dans le manuel p. 240. Déjà vu dans cours précédent = « tactique du salamis »)
- Le blocus de Berlin (qui échoue) aboutit à la création de deux états allemands, dont, côté oriental, la RDA, République démocratique allemande. Face à la RFA (République fédérale allemande) et au monde occidental, ce régime sera une « vitrine » des régimes communistes avec, par exemple, le succès des sportifs est-allemands aux JO de Munich en 1972 : les athlètes de la RDA obtiennent plus de médailles que ceux de la RFA.
2. Le cas yougoslave
- Dès 1945, Tito, le chef de la résistance communiste, qui a libéré le pays seule ou presque, impose un gouvernement communiste.
- Mais Tito refuse de soumettre son autorité, son parti et son pays à l’ordre stalinien : la Yougoslavie est exclue du Kominform et suit sa propre voie socialiste. Pour Moscou le « titisme » est une déviance inacceptable.
- Albanie sur le même modèle et voie chinoise.
BILAN : le bloc de l’est est formé par le centre décisionnel de l’URSS et de 9 pays d’Europe de l’Est (carte p 238-239)
1. Le modèle soviétique (déjà vu lors du chapitre sur la Guerre froide) pages 240-241
- Dans le domaine politique :
- Malgré des constitutions garantissant les libertés, les partis communistes, partis uniques, possèdent tout le pouvoir.
- Opposition interdite et répression vigoureuse.
- Symbole de la fermeture : le mur de Berlin en 1961 (voir ARRET SUR IMAGES PAGES 254-255)
- Dans le domaine économique :
- Collectivisation des terres, sauf en Pologne, et nationalisation des activités industrielles, des transports, des banques.
- Planification rigide au profit de l’industrie lourde.
2. La satellisation des démo populaires(= mise sous influence de l’URSS ; déf page 240)
| Intermédiaires et moyens | Caractéristiques |
| Les partis communistes nationaux et le Kominform (déf. p. 240, 1947-1956). Nombreuses purges de dirigeants considérés comme trop « nationaux » et pas asses pro-soviétiques. | |
| Le Conseil d’aide économique mutuelle (CAEM) à partir de 1949. | Organisation de la production et des échanges entre l’Europe de l’Est et l’URSS, au profit de l’URSS. |
| L’Armée rouge stationnée dans les démocraties populaires et le Pacte de Varsovie à partir de 1955. | Pression militaire et alignement sur Moscou dans la guerre froide. |
- Mais la soumission à Moscou n’est jamais totale, comme le montre les contestations et les tentatives de réforme.
1. La crise des régimes communistes
- Déceptions rapides, notamment chez les ouvriers qui devaient être les fers de lance du changement à la soviétique.
- Pénuries alimentaires, insuffisance des industries de consommation, manque de logements…
- Suppression des libertés et des droits, répression et encadrement policier (Stasi en RDA).
2. Les contestations et les révoltes
- Chez les intellectuels en particulier se développe, comme en URSS, la dissidence.
- Partout la société civile construit des espaces de liberté de parole voire de contestation : structures sociales indépendantes de l’Etat comme les Eglises, les associations, les groupes de savants,…
| Dates | Pays | Forme et contenu des contestations | Issue |
| 1953 | RDA et Tchécoslovaquie | Grèves ouvrières et manifestations | Intervention de l’Armée rouge. |
| 1956 Contexte de la déstalinisation voulue par Khrouchtchev | Pologne | Répression. | |
| Hongrie VOIR LIVRE PAGES 248-249 | - Manifestations et pression populaire qui débouchent sur une révolte armée. - Revendications : doc. 1 p. 248. - Le réformateur Imre Nagy accède au pouvoir et souhaite libéraliser la vie politique et prendre ses distances avec l’URSS. | - Intervention des chars de l’Armée rouge (doc. 3 p. 249). - Imre Nagy est exécuté en 1958. | |
| 1968 | Tchécoslovaquie « Printemps de Prague » VOIR LIVRE PAGES 250-251 | - Mouvement de libéralisation et de démocratisation lancé par les intellectuels, les étudiants et soutenu par les ouvriers et le nouveau dirigeant du PC, Alexandre Dubcek. - Des réformes doivent introduire le multipartisme ou la liberté de la presse. | - Intervention des chars de l’Armée rouge (doc. 4 p. 251) - Dubcek est finalement remplacé à la tête du pays. |
| Années 1970 et années 1980 | Pologne VOIR LIVRE PAGES 252-253 | - Nombreuses grèves et manifestations notamment contre les difficultés économiques, en particulier dans le port de Gdansk. - Par une action commune des ouvriers, de l’Eglise (Carol Wojtyla devient Jean-Paul II en 1978) et des intellectuels, reconnaissance par le pouvoir, en 1980, de la fédération de syndicats Solidarnosc (Solidarité), dirigée par Lech Walesa (bio p. 243). | - Le général Jaruzelski proclame l’ « état de siège », Solidarnosc est interdit, de nombreuses arrestations dès 1981. - Le mouvement continue cependant tout au long des années 1980. |
BILAN : cette contestation est le reflet de l’échec progressif des démocraties populaires au niveau économique, ce qui aboutit à une contestation politique : les populations de l’Europe de l’Est (en dehors de la Tchécoslovaquie) n’avaient jamais connu la démocratie ; ils auraient peut-être accepté le manque de démocratie mais seulement dans le cas où leur niveau de vie se serait amélioré. Or c’était loin d’être le cas, surtout en comparaison avec l’Europe de l’ouest.
EXERCICE DE COMPREHENSION DES MOUVEMENTS D’OPPOSITIONS A L’URSS
| Questions | HONGRIE | TCHECOSLOVAQUIE | POLOGNE |
|
Moments et lieux clés ?
|
|
|
|
| Quels sont les principaux acteurs de cette opposition ?
|
|
|
|
| Quels sont les thèmes importants de cette contestation ?
|
|
|
|
| Quel est le bilan de ces événements ?
|
|
|
|
1 Le double objectif des réformes :
Il s’agit d’améliorer le système économique communiste qui aboutit à des problèmes assez graves (dans le domaine agricole en particulier : perte de récoltes en raison de la lenteur des transports, de la médiocrité de silos de stockage…). L’objectif est aussi politique : il s’agit de répondre au mécontentement des populations
2. Exemples de réformes :
- 2 tentatives de libéralisation politique échouent en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968.
- Mais de nombreuses réformes économiques pour faire face aux difficultés du système soviétique.
| Pays | Réformes | Bilan |
| Pologne | ||
|
Dans les années 1970, ouverture commerciale sur l’Occident. | ||
| Hongrie | - A partir de 1963 avec Janos Kadar : le « socialisme du goulash » ou « compromis hongrois » ou kadarisme. - Assouplissement de la planification, autonomie des entreprises, privatisation de certaines entreprises, libéralisation dans l’agriculture… | - Amélioration du niveau de vie, même si des difficultés persistent, redressement de l’agriculture et essor des industries de consommation. - Une expérience inédite en Europe de l’Est. |
- BILAN : globalement, les mécontentements restent forts face aux difficultés de la vie quotidienne.
- Gorbatchev, perestroïka et glasnost, et le contexte de la fin de la guerre froide.
- En 1989, Gorbatchev lève la main mise de Moscou sur les démocraties populaires et met fin au soutien de l’URSS aux régimes en place.
1 . Facteurs explicatifs de cet effondrement
- Echec des réformes de Gorbatchev qui donne la parole aux populations qui critiquent le système communiste
- Action des dissidents communistes à la fois de l’URSS (Soljénytsine) et des démocraties populaires
- Action forte des Polonais : le pape Jean-Paul II effectue un travail de sape efficace en critiquant fortement le communisme ; le syndicat polonais Solidarnosc, célèbre en Occident avec son dirigeant Lech Walesa, remet en cause et oblige à négocier les dirigeants polonais (grèves nombreuses).
- Tout cela aboutit à la cause directe de l’effondrement des démocraties populaires qui est la chute du mur de Berlin en novembre 1989 (suivie de la réunification de l’Allemagne dès 1990, voir cours de de géo 1ère)
| Pays | Processus |
| Pologne | |
| Hongrie | Les réformateurs s’imposent au PC pendant l’été 1989 et reconnaissent le multipartisme. Les élections de 1990 chassent les communistes du pouvoir. |
| RDA | L’ouverture de la frontière entre la Hongrie et l’Autriche permet à de nombreux Allemands de l’Est de gagner l’Ouest : le mur de Berlin est alors ouvert le 9 novembre 1989. Les communistes perdent les élections libres et la réunification de l’Allemagne a lieu en octobre 1990. |
| Tchécoslovaquie | En quelques jours, en décembre 1989, la « révolution de velours » met fin au pouvoir du PC. Le dissident Vaclav Havel est élu président de la République. |
| Roumanie | Le changement est plus violent : le dictateur Nicolas Ceausescu est renversé, arrêté, jugé de façon expéditive et exécuté le 25 décembre 1989. |
| Bulgarie | Les élections libres de 1990 donnent le pouvoir aux opposants au PC. |
- Une expérience de près d’un demi siècle qui a coupé l’Europe de l’Est du reste du continent ; rupture symbolisée par le partage de l’Allemagne et de Berlin
- L’effondrement des régimes communistes provoque une transition politique vers la démocratie et économique vers le capitalisme libéral et un changement radical dans les relations extérieures : de l’URSS vers l’Union européenne.
- L’intégration est assez difficile : le chômage reste fort dans les Länder de l’ex-RDA, et ce, malgré les milliards investis par les gouvernements de la RFA.
- Ces difficultés s’expliquent en partie par une nostalgie des populations d’un système qui accompagnait les gens tout au long de leur vie tandis que face à un monde de plus en plus complexe (mondialisation), les populations se sentent moins protégées. Cette nostalgie est visible dans le film « Goodbye Lénine ».