TES : chapitre G5 : la Russie, un état et un espace en recomposition Partie I

Publié le par Boyer Serge

I/ DE L’URSS A LA RUSSIE :

quelle évolution pour l’état russe ?

 

A-                  La décennie 1990 : une transition difficile

 

1°. Rappel de l’URSS à la Russie.

 

a)      Rappel chronologique : à partir de 1989, série de réformes de dirigeants communistes d’Eur de

l’Est qui rapidement participent au démantèlement de l’ancien bloc de l’Est. Cela aboutit à la fin du Pacte de Varsovie et à l’indépendance des Républiques de l’ex-URSS dans les années 1990-91. Les nouveaux dirigeants russes tentent de créer une instance qui permette à la Russie de garder une influence dans l’ancien espace soviétique : c’est la CEI = Communauté des états indépendants. Mais ce sera un échec, peu d’états y adhérent ; en effet, plusieurs pays demandent assez vite d’adhérer à l’Union européenne. Cela aboutira à 2 vagues d’adhésion : en 1995 (Suède, Finlande, Autriche ; pays neutres pendant la Guerre froide) et surtout 2004 (10 pays dont 8 d’Europe de l’Est dont la Pologne) et 2007 (Roumanie, Bulgarie) 

 

b)      Rappel géographique : rétraction de l’espace dominé par l’URSS avec :

-          Fin du bloc de l’Est (pays d’Europe centrale et orientale)

-          passage de l’URSS (22 M de km²) à la Russie (17 M de km²)  

SCHEMA 1 : de l’URSS à la Russie

 

        2°. La personnalité de Boris Eltsine jusqu’en 1991

Ancien dirigeant du PC, Eltsine est devenu en XX Président de la fédération de la Russie. Lors de l’ère Gorbatchev, il est un des leaders les plus libéraux et pousse Gorbatchev à aller + loin et + vite dans les réformes. Lors du coup d’état manqué des militaires et des communistes conservateurs, en août 1991, il s’oppose aux chars devant le Parlement et gagne ainsi la popularité du peuple russe. Logiquement, en décembre 1991, date de la fin de l’URSS, il reste Président de la Russie, et ce, jusqu’en 1999.

 

        3°. L’ère Eltsine est marquée par une évolution contrastée :

 

a)      Une avancée de la démocratie…

Après ¾ de siècle d’un régime totalitaire, la Russie se démocratise rapidement : pluralisme des élections, groupe de presse indépendants… Mais cette démocratisation contraste avec les pbs socio-éco.

b)  un recul de l’état. L’application rapide du libéralisme dans le pays aboutit d’abord à une grande vague de privatisations des entreprises. Ces ventes s’accompagnent d’une forte corruption autour d’Eltsine. De très grosse fortune apparaissent : ce sont les « oligarques » : Abramovitch, Derispaska, Khodorkovski… L’état fédéral connait une forte perte d’influence au profit des régions du pays. Les régions obtiennent un certain nombre de compétences (impôt, gestion des ressources locales…). C’est à ce moment que la Tchétchénie échappe au contrôle de Moscou.

c) une dégradation de la situation socio-économique du pays.

La désorganisation de l’économie du pays aboutit à une chute de 40% du PIB entre 1990 et 1998. Des pans entiers de l’économie russe entrent dans une phase de long déclin : le textile passe de 2 millions d’emplois en 1990 à 600 000 en 2005, soit une baisse de 66%, les industries d’armement sont souvent obligées à se reconvertir.   

SCHEMA 2 : les régions russe en reconversion

 

T/ Bilan contrasté : positif au niveau pol, mais très négatif au niveau éco. Cela explique en partie une reprise en main de l’état par des anciens responsables communistes du KGB, autour de la personnalité de Vladimir Poutine.

B-                   Le retour de l’état depuis 1999

 

1°. L’arrivée au pouvoir de Poutine.

La fin de l’ère Eltsine est marquée par de nbx pbs : corruption, contraste entre les nouveaux milliardaires

 et  nouveaux pauvres, alcoolisme d’Eltsine… Certains anciens dirigeants communistes souhaitent alors un retour à certaines manières de diriger de l’époque communiste, en particulier à un état fédéral puissant. Eltsine est donc + ou - forcer à nommer Poutine comme Premier Ministre. La jeunesse et l’énergie de cet inconnu l’amène à gagner les élections présidentielles de 2000.

 

        2°. Le retour en force de l’état fédéral russe.

 

a)       A l’intérieur du pays : le retour au centralisme et à l’autoritarisme

 Rapidement, Poutine réforme l’administration du pays en créant des « super régions », les oukases, ce qui diminue le pouvoir des régions ainsi que la corruption. Les gouverneurs de ces districts fédéraux sont nommés directement par le Président. On assiste aussi à une reprise partielle du contrôle en Tchétchénie. Ce retour de l’état s’accompagne donc d’une restriction des libertés avec le contrôle total des chaînes de télévision, la baisse du nombre de partis autorisés (de 40 à 24), l’interdiction de certaines manifestations, l’arrestation d’opposants (Gari Kasparov), et certainement l’assassinat de journalistes.

      SCHEMA 3 : divisions administratives de la Russie (à partir de la carte page XX)

 

b)      Le retour en force de la puissance russe : une nouvelle Guerre froide ?

 Les années Eltsine ont été marqué par un fort retrait de la puissance russe, et ce, à 2 échelles :

-          Perte d’influence mondiale : déclin et disparition de la plupart des régimes communistes dans le monde. ;  + ou - forte soumission à l’ « hyper-puissance américaine » qui développe des bases militaires en Asie centrale ; ex pas de soutien à l’ancien allié irakien, ce qui permet la première guerre du golfe (guerre Irak-Koweit en 1990-91) ; pdt la Guerre froide, il y aurait eu un veto soviétique qui aurait bloqué toute intervention de l’ONU en Irak.

-          A l’échelle européenne, avancée de l’OTAN (outil de domination des EU) et élargissement de l’Union européenne ; par ex, adhésion des 3 pays baltes qui faisaient parties de l’URSS. Peu à peu les dirigeants de l’espace post-soviétique deviennent atlantistes ; la révolution orange de l’Ukraine aboutit à une lutte d’influence entre Américains et Russes ; vaincus, ces derniers décident d’exercer une pression + forte de la Russie

c)      Les événements récents illustrent cette volonté nationaliste et impériale de la Russie

-          Poursuite de la guerre en Tchétchénie (massacres de civils)

-          Utilisation du gaz comme arme géopolitique pour influencer les pays de l’espace post-soviétique ; crises récurrentes avec l’Ukraine, et à nouveau dans l’hiver 2008-2009

-          Crise en Géorgie dans l’été 2008 : pour déstabiliser le Président géorgien qui souhaite que son pays adhére à l’OTAN, Poutine soutient 2 républiques (Ossétie du Sud et Abkhazie) par l’envoie de soldats et une reconnaissance de leur indépendance.

 

 

T/ Après des années de déclin, l’état russe se lance dans une politique nationaliste à la fois intérieure et extérieure. En Russie même, ce nationalisme est une réponse à la nostalgie des Russes dont les conditions de vie se sont nettement dégradées par rapport à l’époque soviétique. A l’extérieur, le retour de la puissance russe est un des éléments qui déstabilise les relations internationales. Mais ce regain nationaliste remet en cause une éventuelle adhésion de la Russie à l’OMC et peut freiner l’arrivée des IDE, pourtant créateurs d’emplois.

 

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Publié dans Géographie

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